Lorsque la problématique a été décrite par le patient ou lorsque les états émotionnels ont été remémorés lors de l’anamnèse, le processus d'intégration par les mouvements oculaires peut commencer.
Il est demandé au patient de penser à la fois aux nouveaux éléments positifs et au souvenir traumatique visé. Il est exécuté quelques schémas de mouvements oculaires ; il n'est pas nécessaire d'en faire plus d'un ou deux lorsque l'association est réussie.
La synergie ainsi obtenue produit assez souvent d'importantes modifications dans la manière de percevoir le souvenir traumatique. Lorsque cette technique se met en place, plusieurs signes le montre : le patient ressent souvent une détente physique et se produit chez lui un changement de perspective où il a une compréhension de la situation qui l’apaise. La guérison d'une expérience traumatique avec l’IMO repose sur l'existence de ressources intérieures développées et emmagasiner tout au long de la vie. Il s'agit d'introduire des expériences, de scènes vécues, pendant le déroulement de la thérapie, de telle sorte qu'elles favorisent le développement de ressources intérieures actives. Les nouveaux schémas de traitement des données que la thérapie aura activées resteront opérationnels dans la vie future.
Symptôme de l'état de stress post-traumatique (ESPT) :
La réaction post-traumatique la plus connue - l'état de stress post-traumatique, se caractérise par de multiples symptômes psychologiques liés à la sensation de revivre la même expérience, accompagnés d'hyperexcitation, de comportements d'évitement ou d'indifférence.
Comme tous les symptômes peuvent se développer dans n'importe quelle combinaison après un choc, des diagnostics alternatifs d'E.S.P.T. partiel ou son approche sont de plus en plus courants. Ce qui distingue les syndromes d' E.S.P.T. des autres diagnostics est le premier noyau de symptômes : le fait de revivre la même expérience. Lorsqu'ils sont particulièrement forts, ces réminiscences de l'expérience perturbatrice apparaissent sous la forme de flash-back et de cauchemar, souvent associés à des déclics sensoriels particuliers qui évoquent la mémoire du traumatisme. Dans d'autres cas, la re-vivance est plus floue ou fragmentaire et la connexion avec un événement passé se reconnaît moins facilement.
L'hyperexcitation, le deuxième groupe de symptômes majeurs de l'E.S.P.T., est le résultat d'un seuil de peur plus bas probablement induit par une sensibilisation de l'amygdale qui incite à percevoir des situations non menaçantes comme dangereuses et à réagir en conséquence.
L'individu devient hyper-vigilant et peut avoir des accès de colère incontrôlée. Des stimuli totalement inoffensifs déclenchent sans cesse de nouvelles alertes, déstabilisant les rythmes de sommeil de l'individu perturbant sa concentration et son sentiment de sécurité. Pour faire face aux stimuli et omniprésents de re-vivance et à l'état incontrôlable d'hyperexcitation, apparaît souvent le troisième groupe de symptômes : l'évitement et l’indifférence.
Evitement et indifférence :
Les patients apprennent à éviter les circonstances, les pensées et les personnes qui pourraient leur rappeler leur traumatisme en réduisant progressivement leur mode de vie aux seules activités sans risque pour eux.
L’indifférence émotionnelle produit un effet similaire, en réprimant tous les sentiments, pas seulement les émotions négatives. Le patient se détache, prend de la distance où se sépare des personnes aimées. Cette baisse généralisée de la coloration émotionnelle est tragique car cela prive le patient de toutes les émotions positives de plaisir, de joie, d'amour et d'espoir qui le protégerait des pires dégâts que lui réservent ces souvenirs traumatiques. Le phénomène d'indifférence peut également se répercuter sur la physiologie en provoquant à long terme des problèmes au niveau des hormones de stresse ce qui a été souvent répertorié chez les patients souffrants d' E.S.P.T.
Le sentiment d'impuissance qui est si souvent une caractéristique de l’expérience traumatique, surtout dans les cas de sévices subis pendant l'enfance, peut conduire à un état d'impuissance acquis. Il a été reconnu que l'expérience de stimuli induisant la peur dans des situations auxquels on ne peut échapper, entraîne un profond sentiment de désespoir. L'individu perd alors toute volonté de changer sa situation. (Les enfants victimes de violences considèrent souvent cette maltraitance comme imprévisible, inévitable et donc en dehors de leur contrôle).
Associée à des sentiments de tristesse, cette impuissance peut se généraliser et se manifester sous forme de dépression chronique jusqu'à l'âge adulte. La dépression et le trouble le plus couramment diagnostiqué avec l' E.S.P.T. Il n'est donc pas étonnant que des patients souffrant de stress post-traumatique et de dépression aient généralement un niveau de fonctionnement plus bas que ceux qui ne sont pas, en plus, dépressif. Les deux états interagissent au détriment du processus de guérison.
Lorsqu'un patient doit gérer des symptômes constants liés à l'état de stress post-traumatique, il se démoralise et présente plus de risque de tomber dans une dépression chronique. De la même manière, la dépression peut interférer sur la motivation du patient à chercher des moyens de sortir de son E.S.P.T. Les personnes qui ont déjà traversé des épisodes de dépression, présentent plus de risques de développer une dépression post-traumatique.
Culpabilité, honte et faible estime de soi :
De nombreuses situations traumatiques induisent des réactions – ou un manque de réaction - qui pousse la victime à s'interroger sur son dysfonctionnement et a s’en blâmer elle-même.
Les anciens combattants conservent parfois des souvenirs émanant de certains actes commis dans le feu du combat. Ils se reprochent ensuite, à tort, de ne pas avoir su, d'une manière ou d'une autre, éviter la situation ou la gérer différemment. Beaucoup se sentent coupables du simple fait d'avoir survécu à la guerre où tant d'autres personnes sont mortes.
Les victimes de viol se demandent souvent si elle n'aurait pas dû lutter davantage contre leur agresseur, porter sur une elle une bombe lacrymogène ou être habillé différemment ou prendre un autre itinéraire pour rentrer chez elle la nuit.
Même les personnes abusées pendant leur enfance ressentent une culpabilité diffuse, pensant que leur comportement a d'une certaine manière poussé leur agresseur à les maltraiter.
Les souvenirs récurrents d'événements traumatiques peuvent être fortement colorés par le sentiment d'être responsable, fautif et de mériter - par conséquent - ni sympathie ni soins.
Les victimes de la cruauté humaine peuvent être particulièrement sujettes à sentiment de honte dévalorisant, car elles ont subi la domination humiliante de leur agresseur. Une personne qui a subi un vol, un viol ou une agression souffre non seulement de ses blessures physiques, mais aussi de la perte de sa dignité et de son autonomie. Tandis qu'il est certainement intéressant pour les victimes de s'interroger, pour savoir si ses actes ne l’ont pas mise en danger, le fait de s'accuser, de se critiquer ou de se reprocher ce qui s'est produit, peut aboutir à une attitude négative figée dominante. Comme elle était soumise à son agresseur, la victime éprouve souvent en fin de compte un sentiment d'infériorité. La diminution généralisée de l'estime de soi est une conséquence courante d'une large gamme de traumatismes psychologiques et physiques.
Lorsqu'une personne est défigurée dans un événement traumatique, elle souffre non seulement du choc de l'incident lui-même, mais ensuite des séquelles personnelles dans son corps mutilé. La combinaison des deux aspects entraînés un changement de l'image de soi, tant mental que physique : une image d'infirme.
Les effets du traitement par Intégration des Mouvements Oculaires (IMO) :
L'intégration par les mouvements oculaires définie comme objectif d’aider le patient à trouver une résolution adaptée au souvenir perturbateur récurrent.
Qu'est-ce qu'une résolution adaptée ?
Il s'agit de l'intégration des souvenirs négatifs du patient de telle sorte que ces souvenirs perdent leurs capacités à perturber le fonctionnement sain et équilibré.
Pendant l'intégration par les mouvements oculaires, le patient va revivre des fragments de ces souvenirs traumatiques avec beaucoup de détails au fur et à mesure. L'accès aux souvenirs et aux informations associées, et ce grâce aux mouvements oculaires, se voient faciliter.
Et ces raisons de souvenirs sont remplies d'informations multiples sensorielles, d'émotion et de sensations physiques qui ont été enregistrées au moment du traumatisme est peut-être accumulées depuis lors. La résolution adaptée de ces mémorisation puissantes est identifiée par la description que fait le patient qui se rencontre ces souvenirs perde leur force de leur intensité.
Au niveau du plan visuel, le patient va rapporter que son image intérieure de l'événement apparaît alors plus lointaine ou plus petite que d'une certaine manière, il se sent détacher de ses images. S'il avait demandé par exemple, à quelle distance se trouve l'image - - directement à celui, sur le mont au plus loin - il répondra généralement que je trouve beaucoup plus loin. L'image peut devenir floue, perdre l'intensité de ses couleurs ou devenir complètement noir ou blanche. Des changements similaires dans la perception du souvenir peuvent se produire dans les autres modes sensoriels, comme 1+ faible intensité des bruits ou les odeurs moins pénétrantes. Chacun de ces changements indique le patient a créé un certain degré de détachement entre le souvenir et la perception présente de l'événement cela revient à faire une désactivation d'encre.
Au niveau émotionnel, il y a compréhension ou acceptation des événements, même si des sentiments de désillusion, de déception ou de tristesse perdurent. Ce sont des émotions saines, qui sont souvent tout à fait appropriées au vécu du patient ; elles s'estomperont progressivement ou s'intégreront davantage dans un schéma sain. Ainsi le patient aura globalement le sentiment que cette expérience l’aura enrichi et non pas dépossédé.
Au niveau cognitif, les pensées du patient au sujet du traumatisme seront généralement plus rationnelles, logiques et pertinentes. Ses pensées ne déclencheront pas de colère mais reflèteront une certaine compréhension de la situation et le conduiront à se détacher des événements.
Au niveau du plan physique, le patient qui a réussi la résolution de son problème, relate généralement qu’il se sent à l'aise et détendu, plus léger et plus libre intérieurement. Même si le patient se sent fatigué, de tout ce que lui a coûté les sensations physiques et les émotions éprouvées pendant les séances de thérapie, il dira généralement que la sensation d'opposition interne, ressentit auparavant, a considérablement diminué. Chaque patient se trouve dans un contexte unique de circonstances qui l'ont aidé ou freiné dans son processus de guérison et ce contexte joue également son rôle dans le processus thérapeutique.
Les conditions internes et externes qui se sont combinés pour créer les difficultés psychologiques du patient peuvent être révélés ou non pendant l'intégration par les mouvements oculaires. Mais la connaissance de l'éventail des possibilités aidera le thérapeute à mieux tenir compte des informations qui peuvent émerger au cours du traitement. Cependant comme l'intégration pour les mouvements oculaires facilite la guérison homéostatique de l'esprit perturbé, les réponses appropriées aux besoins de l'individu surgiront naturellement.
Au début de sa thérapie, le patient souhaitant traiter les symptômes liés à une expérience traumatique peut subir ou vivre d'autres difficultés bien plus pénibles que des cauchemars ou des crises de panique. Dans le traitement par l'intégration des mouvements oculaires des souvenirs perturbateurs, on compte parmi toutes ces caractéristiques remarquables, la grande étendue de ses répercussions sur d'autres aspects de la vie du patient. Cela se produit au fur et à mesure que les associations négatives persistantes qui avaient influencé le comportement du patient, sont soulagées par une intégration saine et équilibrée grâce aux informations correctrices
Attentes réalistes de la thérapie par Intégration des Mouvements Oculaires (IMO) :
Toute psychothérapie doit être entreprise avec des attentes réalistes. Aussi bien de la part du patient que du thérapeute, il s’agit d’établir un contrat sincère et honnête. Pour le patient cela permet d'accroître la crédibilité du thérapeute et par conséquent de renforcer la confiance et l'ouverture d'esprit du patient. Le patient doit être informé que l'intégration par les mouvements oculaires ne permet pas de tout guérir et ne remplace pas toutes les formes de thérapie et de conseil. Même si cette thérapie peut traiter de nombreux problèmes provenant de souvenirs perturbateurs.
Un coaching spécifique et un entraînement à développer des aptitudes particulières - par rapport aux situations de la vie, peuvent être nécessaire pour aider les personnes qui n'ont pas acquis certaines capacités à la vie sociale, à cause de leur expérience traumatique. L'intégration par les mouvements oculaires ne peut pas, non plus, modifier certains aspects des relations humaines. Dans beaucoup de cas, seul le travail sur soi, l'expérience, l'apprentissage peut-être, pour ce qui est de l'amour, la capacité à faire des découvertes heureuses, permet de résoudre les problèmes.
L'intégration par les mouvements oculaires ne peut pas changer ce qui est bon pour le patient. Cela n'enlève pas la tristesse, la peur. Si ces sentiments sont des indicateurs utiles et nécessaires à la personne pour éviter certaines situations ou pour guérir ses souffrances intérieures par d'autres moyens.
La tristesse, dans le processus de deuil, est totalement naturelle, saine, enrichissante, dans la mesure où elles contribuent à la maturité de la personne en deuil. L'intégration par les mouvements oculaires ne peut pas modifier, ni faire disparaître la tristesse, la déception ou la souffrance qui résulte de la perte d'un être cher, ou de la perte d'une situation mirifique.
Il en va de même pour la peur. La peur est une adaptation parfaitement juste face à un danger et l'intégration par les mouvements oculaires n'intervient pas sur les réactions appropriées d'une personne face à des dangers réels.
Conclusion:
La compréhension des réactions à un stress post-traumatique et des souvenirs traumatiques a été grandement enrichie par les derniers résultats de la recherche neurobiologique. A présent, nous savons que l'activation de l'amygdale est essentielle dans les nombreux effets de stress extrêmes observés sur la mémoire, la santé mentale et le corps lui-même. La symptomatologie complexe et la grande portée des effets d'une expérience traumatique sont un véritable défi pour le traitement des réactions post-traumatiques. En raison de la nature durable et multi-sensorielle des souvenirs traumatiques, les méthodes conventionnelles sont souvent insatisfaisantes. L'intégration par les mouvements oculaires est une méthode qui facilite l'accès aux souvenirs traumatiques du patient, en incorporant tous les rappels fragmentaires du traumatisme dans un ensemble intégré, comme l'expérience qui enrichit la vie. Ainsi, l'intégration par les mouvements oculaires permet au patient de mettre son traumatisme en perspective, comme une partie de son histoire personnelle et non plus comme une source permanente de souffrance dans sa vie.